
Lot : 511
Masque anthropomorphe. Il représente un visage inscrit dans un espace circulaire qui épouse les formes naturelles de la pierre et est sculpté en creux sur une profondeur d’environ 10 mm dans la partie convexe. Les yeux sont signifiés par deux excroissances cylindriques et sont séparés par une arête nasale droite qui prend sa source sur le centre du front. La bouche fermée de son coté est signifiée par une incision discrète et s’inscrit dans un espace triangulaire en relief.La conception iconographique fait référence à la vision intuitive du chaman qui fait appel à ses capacités sensorielles pour développer son esprit intérieur et visualiser le monde caché par l’intermédiaire de son troisième œil (cet œil de la clairvoyance est situé à la jonction haute de l’arête nasale avec la ligne frontale). Pierre taillée dans un galet de lave andésitique. Tafi. Nord ouest de l'Argentine. Période formative 100 à 300 ap. J.C. Epaisseur : 4 cm. H.:27 cm. Larg.:21 cm. Cette œuvre fait partie des objets les plus anciens trouvés en Argentine (on notera cependant comme le précise le Dr Alberto Rex Gonzales que les premières céramiques argentines sont datées, au carbone 14, 6000 ans avant J.C.). Elle représente une série d’œuvre au caractère particulièrement singulier et les rares exemplaires connus ont souvent été découverts par hasard, généralement par des paysans travaillant leur terre, en raison notamment du faible nombre de chantiers archéologiques répertoriés.Les masques de pierre font partie de œuvres maîtresses de la culture Tafi mais la destination de ces œuvres est incertaine. Les trous de suspension biconiques (3 sur le haut et 2 latéraux) permettent cependant d’avancer ici plusieurs hypothèses quant à l’usage de ce type de masque (maintien sur le torse ou sur un fardeau funéraire ? couverture du visage d’un défunt ?).Le Dr Alberto Rex Gonzalez (archéologue argentin) a souligné l’exceptionnelle rareté de l’exemplaire ici présenté. Cette œuvre en excellent état de conservation est probablement la première d’une telle qualité à être proposée dans une vente aux enchères publiques. Elle est accompagnée d’une étude du Dr Philippe Blanc (département de géologie sédimentaire du Laboratoire de Géologie des Bassins Sédimentaires, C.N.R.S/Université Pierre et Marie Curie, Paris). Provenance : Collecté entre 1935 et 1940 par un professeur de paléontologie de l’Université de la Plata. Il a été rapporté en Europe en 1950 et se trouvait dans la famille jusqu’à ce jour.Bibliographie : Trésors du Nouveau Monde, Musées Royaux d’art et d’histoire de Bruxelles, 15 septembre – 27 décembre 1992, p. 443. L’America Precolombina en el Arte, Museo Chileno de Arte Precolombino, Banco Santiago, 1998, p.12.
Estimation : 120000/150000€
Date de la vente : Mardi 27 mai 2008 à 14h00
Lieu de la vente : Vente à la Fondation Dosne-Thiers
Maison de vente : GAÏA S.A.S.